Auteur/autrice : Ludmilla

Doris Wishman : la réalisatrice la plus étrange du cinéma d’exploitation
Portrait de Doris Wishman, réalisatrice atypique du cinéma d’exploitation américain. Entre nudie films, roughies et sexploitation, elle tourne dans des conditions précaires et développe un style étrange devenu culte. Redécouverte aujourd’hui par les cinéphiles, son univers bricolé et marginal offre aussi une inspiration inattendue pour le jeu de rôle.

Mœurs et transgressions
Les mœurs varient selon les époques et structurent normes, transgressions et rapports de pouvoir. En jeu de rôle, les comprendre aide à éviter l’anachronisme, enrichir les univers, donner du relief aux personnages et explorer des conflits sociaux, à condition d’en parler à la table et de servir réellement le jeu.

Détourner la fantasy sexy
le site baremaidens.com recycle les clichés de la fantasy sexy sans recul. Inutilisable tel quel en JDR, souvent gênant. Mais en détournant, recadrant et recontextualisant, ces images deviennent des mensonges visuels, de la propagande ou des icônes internes au jeu. Un bricolage conscient, critique et volontairement bancal.

Jouer autre chose que des corps performants et conquérants
Le jeu de rôle privilégie souvent des corps performants, jeunes et conquérants. Jouer des corps fatigués, contraints ou non normatifs transforme le rythme et les enjeux. La vulnérabilité devient une force narrative. On ne conquiert plus, on compose, on tient, on résiste, et le jeu gagne en densité et en portée politique.

Sexe, dés et latex
Longtemps tabou, la sexualité finit par s’inviter dans le jeu de rôle. Du Book of Erotic Fantasy américain à Romance Érotique de Jelino et Maud Chalmel, les créateurs explorent désir, consentement et intimité sans provocation. Le corps devient un langage narratif plutôt qu’un interdit.

Book of Erotic Fantasy (Valar Project, 2003)
Supplément d20 paru en 2003, Book of Erotic Fantasy voulait causer amour, sexe et relations dans le jeu de rôle. Mélange de réflexion sincère et de clichés adolescents, il symbolise une époque où le JdR tentait la maturité sans avoir encore les outils du consentement et de la nuance.

Emmanuelle ou la fausse innocence d’un fauteuil en rotin
Emmanuelle (1974) de Just Jaeckin transforme le roman sulfureux de 1959 en fable exotique et anesthésiée : l’éveil sexuel devient mise en scène du pouvoir. Sous son vernis chic, le film révèle la domination molle d’une époque. Un matériau fascinant pour le jeu de rôle, entre sensualité, contrôle et illusion de liberté.


