
Au cœur du temps : les trucs qu’on avait pas dit
James Jones a posté un truc sur son blog, un article nostalgique sur Au cœur du temps. Sympa. Ça m’a rappelé qu’on avait déjà écrit un article sur la série, y’a des années. Un article qu’on avait fait vite, un peu trop vite.
On a dans les carnets quelques notes qui ont jamais été publiées. Voilà l’occasion.

Irwin Allen, encore lui
La série sort en 1966. Irwin Allen est déjà derrière Voyage au fond des mers et Perdus dans l’Espace. Il adapte (librement) un roman de Murray Leinster, Twists in Time, paru en 1960.
C’est ça la base. Le pitch tient sur une phrase : deux chercheurs testent leur propre machine à remonter le temps, se retrouvent coincés dedans, et leurs collègues passent trente épisodes à essayer de les récupérer sans jamais y arriver.
Le « chronogyre » (c’est le nom officiel du tunnel dans le premier doublage français) envoie Tony Newman et Doug Phillips d’une époque à l’autre. Titanic, Pearl Harbor, Troie, Waterloo… La série tourne beaucoup en réutilisant des décors et des costumes de productions Fox antérieures, ce qui explique à la fois son rythme et ses budgets tendus.

L’annulation qui n’aurait pas dû avoir lieu
C’est le truc qui reste en travers de la gorge. La série était diffusée le vendredi soir, case réputée difficile, et elle s’en sortait correctement. Elle talonnait Star Trek sur NBC. Elle était proche du Top 20.
Elle a quand même été annulée. Pas pour des raisons d’audience : un exécutif ABC a préféré laisser la place à The Legend of Custer. Qui a pris l’antenne en remplacement direct et s’est plantée après 17 épisodes, descendue par la critique pour sa représentation des Amérindiens.
Tony et Doug sont donc restés perdus dans le temps. Sans conclusion. La dernière image de la série les montre repartir vers une nouvelle époque. C’est tout.







Le téléfilm de 1976

Irwin Allen a tenté de relancer la machine dix ans plus tard. Time Travelers (1976), téléfilm pour ABC, était en réalité un pilote pour un remake de la série. Réalisation Alexander Singer, scénario Jackson Gillis d’après une histoire de Rod Serling.
La prémisse change : plus de tunnel gouvernemental qu’on subit, mais deux chercheurs qui choisissent de voyager en 1871 Chicago pour retrouver la formule d’un remède détruit dans le Grand Incendie, pendant qu’une épidémie frappe la Nouvelle Orléans en 1976.

Le pilote n’a pas été vendu. Des raisons légales, notamment une plainte d’un auteur (Charles Willard Byrd) qui estimait que l’histoire ressemblait trop à un manuscrit non publié de 1959. Affaire réglée à l’amiable. Le film est sorti en téléfilm standalone.
Sam Groom, Tom Hallick, Richard Basehart au casting. Disponible en bonus dans les éditions DVD britanniques de la série originale.
Le deuxième doublage
Petit détail pour ceux qui ont vu la série sur La Cinq dans les années 80 : y’a eu deux doublages distincts. Le premier date de la fin des années 60. Un deuxième a été fait pour les épisodes inédits diffusés en 1987. Dans ce deuxième doublage, le « chronogyre » disparaît : la machine s’appelle « tunnel du temps« . Et la voix-off d’intro, présente dans les quinze premiers épisodes, est absente. James Darren y est doublé par Vincent Violette (celui qui doublera Barry Allen dans Flash quelques années plus tard).
Et pour le jeu de rôle
On en avait parlé dans l’article original avec le hack Megachrone pour Mega 5e. Ça tient toujours. Mais la série fonctionne encore mieux comme base directe pour une campagne de L’Appel de Cthulhu ou Verne & Associés : des investigateurs coincés dans un flux temporel incontrôlable, une base qui les observe sans pouvoir les rapatrier, des époques historiques visitées à toute vitesse. Le tout sans explication scientifique vraiment convaincante, ce qui laisse de la place pour le Mythe.
Y’a de quoi faire.

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