Un avis sur COC V2 ?

On est tombés sur cet article du JdR Café Bordeaux qui interroge le virage pris par Chroniques Oubliées Contemporain en V2 : un livre de règles dégraissé à une centaine de pages (147 exactement), et derrière, des suppléments à la carte (30€ pièce) pour chaque genre.

L’auteur compare avec la V1, grosse boîte à outils à 25€ qui couvrait épouvante, pulp, zombies, espionnage et compagnie dans un seul bouquin. Il pointe surtout les deux premières sorties annoncées, Toon Confidential et Blockbusters, et se demande si BBE ne mise pas sur des niches plutôt que sur les genres qu’on attendrait en priorité.

On a eu envie d’y mettre notre grain de sel, parce qu’on vient justement de passer le livre de règles de COC2 au peigne fin.

Alors, qu’est-ce qu’on en pense après avoir vraiment regardé dedans ?

D’abord, sur la table : c’est du d20 + carac contre une difficulté, des voies à 5 rangs, des échelles de 20 échelons pour la santé et un système d’évolution optionnel par univers. Rien de révolutionnaire, mais c’est lisible, ça tourne vite, et il y a clairement eu un travail pour que tout s’emboîte (les portées d’armes collent aux distances de poursuite, les voies de combat ont toutes la même charpente en 5 rangs, etc.).

On sent un système pensé pour être maîtrisé sans relire trois fois la règle au milieu d’une scène. Ça, c’est un vrai point fort.

Sur la jouabilité pure, donc, rien à redire. On y joue, ça marche, le mode « Rapide et Furieux » pour gérer des groupes de PNJ ou simplifier une poursuite est malin. C’est un jeu qu’on peut sortir avec des joueurs qui débutent sans s’embêter.

Là où l’article tape juste, c’est sur la question de fond : qu’est-ce qu’on peut vraiment faire de ce système sur la durée ?

Parce que le livre de base, tel quel, est clairement taillé pour du pulp/action movie. Le scénario d’exemple fourni avec le bouquin (Ligne de Rupture) l’assume à 100%, et même les exemples de personnages tout du long (Amelia Steele, chasseuse de trésors badass) vont dans ce sens. C’est fun, ça tourne, mais ça pose la question que pose l’article autrement : si chaque inflexion de genre (zombie, espionnage, toon, ce qu’on veut) passe par un supplément à 30€, qu’est-ce qui reste vraiment dans le bouquin de base une fois qu’on a fait le tour du pulp ?

On a un deuxième scénario fourni (Big Apple’s Bombermen) qui prouve que le moteur encaisse très bien un polar contemporain sombre et ancré, sans souffrir. Donc le système, lui, n’est pas le problème. Le problème, s’il y en a un, c’est la stratégie de gamme : est-ce qu’on aura un jour un supplément « Guerre froide », « Conspiration », « Survival horror » solide, ou est-ce qu’on va enchaîner les pitchs sympas mais un peu jetables comme Blockbusters ?

Sur la pérennité, donc : oui si BBE soutient la gamme avec des suppléments qui élargissent vraiment le terrain de jeu plutôt que de l’étrécir en niches. Le système a le dos assez solide pour porter autre chose que du pulp pur, on l’a vu en feuilletant le bouquin. Reste à voir ce que l’éditeur en fait.

À suivre, donc.


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